Ce matin, je me suis assise devant ma table et mon ordinateur afin de "m'astreindre au plaisir de l'écriture", oui deux mots antagonistes. "C'est une joie et une souffrance" comme le disait Truffaut, à propos de l'amour. Je veux me livrer à cet exercice régulièrement voire quotidiennement, maintenant que j'ai créé mon blog que j'ai indexé en tant que "Journal intime". Quel mot curieux, blog aux sonorités peu plaisantes.  Cela fait penser à blurps ( du style, je suis pas loin de vomir) ou blob qui était le titre d'un film gore des années 80. Le blob, je crois détruisait tout sur son passage, ne laissant derrière lui que sang, carnage et désolation. Le ton du film était moins sentencieux.  Bon les blogs ne sont pas malfaisants et destructeurs enfin en principe. Maintenant, ils prennent souvent la forme de journaux intimes s'étalant sur le web 2.0 et sont omniprésents sur la toile.  Le mien d'ailleurs doit sûrement être perdu dans la vaste multitude de ceux qui sont déjà référencés sur Canal blog.  On y fait le récit de son dernier déménagement, de ses vacances illustrées par des photos de bord mer ou d'immnensités en l'Alaska,  de ses rêves et espoirs, ou des exploits du petit dernier. C'est à la fois touchant, étonnant, vertigineux, tourbillonnant, tumultueux....

Avant les journaux intimes étaient de jolis carnets décorés scellés par un cadenas dont seul le propriétaire détenait la clé et reposait dans un endroit tellement secret que peut-être même son détenteur pouvait avoir du mal à le retrouver. Je pense que le mien finalement, doit errer au milieu de cette toile surabondante et doit figurer parmi les écrits underground que personne ne lit ou ne lira jamais ?

 

mur recouvert de lierre, Bergerac Périgord

 

Ce matin, je regarde par la fenêtre à ma gauche, et il fait beau, j'ai une jolie vue sur un mur verdoyant recouvert de vigne vierge et au pied de ce mur, de belles plantes et arbustes foisannants. Cette verdure, je dois bien le dire, est entourée et cernée par de hauts immeubles mais cela dit assez éloignés pour que cela ne soit pas étouffant. Ma place près de cette fenêtre est un endroit idéal pour écrire et faire pousser une inspiration luxuriante quasi tropicale. Moi qui me plaignais dans quelques articles précédenst de ne pas avoir la main verte.  C'est le cas avec les vraies  plantes, je les fais mourir méthodiquement. A croire qu'il dort en moi un petit serial-killer de végétaux.  Nous avons tous notre part sombre, notre "dark side of the moon".

Je voudrais me plier tel un roseau qui ne rompt pas à cette discipline d'écrire moi qui en suis totalement dépouvue, de discipline, d'assiduité. Il faudrait que je fasse de l'écriture un exercice sportif,  que je fasse preuve d'endurance et de ténacité. Haruki Murakami en parlait comme d'une vraie leçon de vie dans son  "Autoportrait  de l'auteur en coureur de fond". Ils s'astreignait à pratiquer la course à pied et à écrire. Comme le rappelle la quatrième de couverture de la collection 10/18, l'auteur avait vendu son club de jazz pour se mettre à écrire.  Cependant il  commençait à prendre du poids (ah ! la nourriture, le grignotage, je connais...) et fumait soixante cigarettes par jour, ce qui n'est pas mon cas. Je ne suis pas non plus un véritable écriviain, je n'en ai pas le talent ni vocation à le devenir. Si j'avais l'écriture comme violon d'Ingres sérieux, ce serait déjà pas mal...

Je passe tout de même mon temps à m'inventer de bonnes résolutions, aller à la piscine toutes les semaines, rechercher un nouvel emploi, faire du bénévolat, dire bonjour à la dame et manger équilibré.  Au lieu de cela je me retrouve toujours sur mon canapé devant la télé à regarder le dernier talk show en vogue et à me décéréber. Alors que l'écriture est chose sérieuse, il faut l'entretenir, tenir la forme, ne pas mollir, chaque jour remettre son ouvrage, faire des abdo fessiers de phrases complexes,  mouiller son maillot, transpirer devant son ordinateur par tous les pores tandis que mon chat dort tranquillement sur ce même canapé.

Je voudrais me lancer dans un projet solide au long cours comme l'écriture d'une pièce que je ne fais que commencer depuis presque cinq ans. En plus de ne jamais tenir mes bonnes résolutions, je fais partie de la secte très étrange des "procrastinateurs" je ne sais pas si cela se dit enfin je souffre aussi de procrastination aigüe, c'est grave docteur !!!. Il faudrait que je m'administre un bon supo de ferme résolution et au lit !!!

Hé oui l'écriture et les livres huitièmes merveilles du monde !!!!  Tellement bon pour la santé et le mental de l'équipe, je m'auto-methode-coué. En ce moment, je lis Douglas Kennedy et son "Cet instant-là". J'en suis au moment où le narrateur évoque une partie de sa jeunesse à Berlin dans les années 80, c'est émouvant et passionnant. Il y rencontre toute une faune surprenante dans le fameux quartier de Kreusberg. Il raconte le mur qui divise la ville en deux, la description est assez nuancée et pas trop manichéenne ( pleine période de guerre froide qui oppose blocs communiste et capitaliste). Je suis tellement admirative de ces mondes qui se dressent devant soi.

Ah ces belles réflexions qui me viennent par cette belle matinée annonçant de doux moments de détente et de flânerie à l'ombre d'un mur recouvert de vigne vierge....

Un jour, si vous êtes sages, lecteurs (sûrement rarissimes) qui vous égarez par là, à lire mon blog underground par la force des choses, je vous raconterai combien j' ai été stupéfaite de voir Johnny Rotten, l'un des chanteurs du group punk en diable, "Les Sex Pistols" en couverture de Télérama , magazine de l'intelligentsia française, du bien comme il faut. Une bête sauvage apprivoisée, montrant patte blanche et faisant l'analyse sociologique et politique de l'Angleterre, lors d'une interview ...Mon dieux tout fout le camp, oui et c'est une remarque de la fille la moins rock and roll de la terre !

Ces animaux là je dis, il faut les laisser en liberté dans leur environnement naturel et non pas leur injecter un liquide qui les rende bêtes et disciplinés, dis bonjour au monsieur, t'auras de la ian-iande !!!  Ceci est une autre histoire, à suivre dans un épisode à venir trépidant...

 

M.