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On devrait toujours voir, "Gravity" un jour pluvieux de 11 novembre, dans un Cabourg désert. J'aime ce film que je croyais être un film hollywoodien à suspens intergalactique, deux personnages seuls dans l'univers comme deux nageurs perdus au milieu de l'océan, comme un type coincé sous terre ou tombé dans une crevasse.

J'ai donc chaussé mes belles lunettes (heureusement, qu'on est dans le noir, tellement on a l'air grotsque, oui c'est le mot), pour me plonger que dis-je me propulser dans ce film en 3D. J'ai pris une sacrée claque. On flotte dans l'immensité de l'espace avec  Sandra Bullock qui doit réparer un truc sophistiqué, on s'extasie devant la beauté de la terre. La 3D prend vraiment là tout son sens. Des images de toute beauté teintées d'émotion sans esbrouffe. Un vrai voyage, une bouffée sans air frais un jour de 11 novembre dans un Cabourg à l'abandon, même si cela a son charme...

Ca m'énerve parce que les critiques qui l'ont vu en parlent très bien, notamment Aurélien Fercenczi dans son blog téléramesque. C'est un film qui déjoue les codes des réalisations à grand spectacle, c'est de la vraie poésie. Le réalisateur mexicain,  Alfonso Cuarón ("Les fils de l'homme") saisit l'intimité des personnages et leurs émotions, nous bouleverse, nous chamboule tout en même temps en filmant cette vaste immensité effrayante et fascinante.

 

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J'aime aussi que ce film parle peu enfin, à part George Clooney, un peu le JoJo la frite, le blagueur de l'espace. J'aime que cette histoire soit transmise par les images, les actions physiques des personnages et tout cela filmé avec tellement de sens, de sensibilité et de profondeur. La teneur du propos n'est pas accablante, c'est sûr, sauf ce moment où l'héroïne se retrouve seule dans cette sorte de capsule et qu'elle pense que tout est perdu. L'engin n'a plus de carburant, l'oxygène, perle rare dans l'espace commence à manquer cruellement. Elle se prépare mentalement à mourir avec philosophie au vrai sens du terme, elle se recueille, en ce dernier souffle de vie. En bruit de fond, elle ne reçoit dans sa capsule que des fréquences, des sons de radio d'humains comme vous et moi, dernières traces et signes de cette bonne vieille terre. Cet instant est de toute beauté, vécu dans la sérénité.

Enfin, elle se reprend tout de même, on est dans un film américain, donc telle une nouvelle Sigourney Weavey sans aliens perdue dans le cosmpos, elle se ressaisit et trouve la solution ô combien pas évidente pour s'en sortir.

Il est question d'un bel instinct de survie dans ce film, d'un appel à la vie, à la vie sur terre, (et pourtant...Planète peu fréquentable...). Une sacrée énergie, l'espoir, pourfendre le malheur. Cette femme en apesanteur, qui se raccroche à tout ce qu'elle peut, pour avancer, ne pas mourir, lit le petit manuel du spatiaunaute, "Comment bien s'en sortir in space", se propulse, atterrit, manque se noyer, remonte à la surface, sur le sable, en proie à la gravité, tombe puis se relève, sourit...

 Et, voilà et dire que je devais cataloguer tout Eddy Mitchell !! non en fait c'est Hary Mitchell, un dramaturge du début du 20e siècle moins drôle mais bon, I will survive ! I will survive to Michel Drucker toujours dans les pattes, parce que veut tout briquer du sol au plafond dans les rayonnages, I will survive to  grisouille gribouille dont on ne comprend jamais rien à ce qu'elle dit !!! Oui, je commence à manquer d'oxygène !! sûrement la poussière de cette bonne vieille terre !