Vélo suspendu, Théâtre du Chaudron (Cartoucherie de Vincennes)

 Ebauche de pièce de théâtre à épisodes....suite....

Avertissement :
C'est vraiment une ébauche, constamment re-corrigée.
C'est dit, on peut commencer....

2ème épisode :

La chef

1ere collègue

2ème collègue

Nathalie

 

Le e téléphone sonne, Nathalie ne bouge pas, toujours sous le coup de l'émotion la chef entre sur scène au bout de quelques sonneries:

La chef : Hé bien Nathalie, décrochez, voyons, il va falloir que je réponde encore au tout venant :

La chef décroche, écoute, un moment.

 La chef : Non mais on est une agence privée et spé-cia-lisée, ici. Il faut prendre rendez-vous monsieur et avoir une demande spécifique, précise, ciselée, taillée au cordeau, on ne tolère pas l’imperfection. C’est dégoûtant ! On ne se rend pas sur place comme ça à notre agence. On n'est pas une agence publique ouverte à tout le monde, quelle horreur, on est pas un service public ni une épicerie ou une charcuterie ! Quand vous voulez une baguette de pain, vous allez dans une boulangerie ?

Nous somme une agence exigeante qui ciblons une clientèle sélecte, triée sur le volet, de bonne réputation et aux bons revenus. Quoi mais restez poli monsieur ! (elle raccroche)

 La chef : Non mais figurez-vous Nathalie, que ce Monsieur, vient de me traiter de connasse !

 On sonne à l’interphone.  la chef prend le combiné de l'interphone :

La CHEF : C'est FERME ! (raccroche le combiné). Et puis quoi encore, heureusement, que l’on vient tout juste d’installer un nouveau système très sophistiquée de porte blindée à l'entrée de l'agence. Bon, Nhatalie, je vais en réunion, il faut que vous me retrouviez le dossier, « dollar A zone 606 » et que vous le portiez à la Direction générale.

 En fond de scène, étagères de boîtes archives. Nathalie, monte sur un escabeau, descend , le déplace, cherche désespérément le document en hauteur, sort des boîtes archives, les remet à leur place. Cette scène doit  être une chorégaphie mécanique

Puis, perchée, sur son esacbeau, elle s’adresse au public :

 NATHALIE : J'ai entendu parler d'un type qui faisait le funambule perché sur un fil entre deux des gratte-ciels. Le summum de l' équilibre. Je pense que c'est pas le genre de truc qui va m'arriver tout de suite. Tenir droite sur mes deux  jambes me donne du fil à retordre. Moi qui qui suis bancale et de guingois, passe mon temps à faire de mauvaises chutes. On pourrait m'appeler Pierrette Richard*. En plus, j'ai des problème de coeur, je ne sais pas, il faut sans arrêt des bonds et des rebonds, tressaute. A l'intérieur et à l'extérieur, c'est le chaos.

L'équilibre ne m'a jamais fait autant défaut qu 'en ce moment. Réussir à marcher droit, à aimer droit , sans souffrance  et sans doute. Le doute absolu de soi comment le faire disparaître, le syndrôme souchonesque*, « Est-ce que tu m'aimeras encore dans cette petite mort, une fois descendu des plateaux de phono ». Une fois descendu de tous les piedestals. Comment garder l'équilbre sur ses jambes et ses deux pieds moi je demande. Je suis pas difficile, je demande pas l'impossible. Je veux mes deux pieds sur terre, ancrés dans le sol, sans béquille et laisser mon coeur faire de belles échappées. Marcher sur mes deux pieds, fléchir avec souplesse mes chevilles pour tracer ma route.

En plus, je crois que le type, le funambule, il a dérapé et il est mort.

 2ème  COLLEGUE entre (sans regarder Nathalie, toujours sur son escabeau, se dirige vers les étagères) :  ‘Jour…

 Semble aussi chercher des dossiers, sort des boîtes archives, les ouvre et à chaque fois, lance, « Non c’est pas ça » de manière mécanique, laisse les boîtes par terre, sans les ranger et s’en va, sort de scène.

Nathalie qui n’a pas bougé, a regardé la scène contrariée par ses agissements, elle s’adresse au public :

 NATHALIE : J'ai des envies vitales :

J'ai envie caviar, d'amour et d'eau fraîche,

d'un peu de patience, d'un peu de confiance,

de justesse,  de justice, d'humanité,

que les préfets n'expulsent pas les jeunes béninoises dont le conjoint français est décédé,

que les ministres de l'identité nationale cessent de l'être,

que les chefs se mettent à la place des pauvres sbires,

Je voudrais que mon travail arrête de me bouffer les neurones.

J'ai envie de faire du bénévolat au Secours populaire

J'ai envie de laisser entrer le soleil, de mettre des robes à fleurs,  de rigoler, de danser comme une diablesse,  de courir en petite culotte  dans l'herbe tendre des montagnes, de poser nue... ou presque...

J'ai envie de me foutre de mes bourrelets

j'ai envie de me remettre à la piscine quand j’aurai plus de conjonctivite

J'ai envie de voyages, d'aller en Argentine et à Madère

J'ai envie d'écrire un roman fleuve tumultueux

J'ai envie découter le Stabar mater de Pergolese

J'ai envie de lâcher des ballons blancs dans le ciel

J'ai envie de me marier dans une chapelle désaffectée

J'ai envie de manger équilibré, de me mettre à la cuisine bio et…d'aimer vraiment ça, comme les mannequins de "Marie-Claude"

J'ai envie de voir de belles choses, de vibrer, de frissonner

J'ai envie de choses vraies et de simples comme un jambon beurre cornichons

J'ai envie de gentillesse

J'ai envie de ...mièvrerie et de niaiserie, ? Ben oui, je sais.

Faut toujours que fasse ma tragédienne lyrique....

 1ere COLLEGUE : entre en scène : Non, mais tu aurais dû me rappeler de rappeler Mi-mile !! Ben voilà, maintenant, il va plus être amoureux de moi et il va se rabattre sur l'autre poufiasse que je peux pas blairer !!! Non mais je te jure, on ne peut pas compter sur toi

(elle sort).

 Fin de l'épisode

* allusion à Pierre Richard : acteur français connu pour ses personnages maladroits

*Alain Souchon : chanteur français à l'allure d'éternel jeune homme, aux chansons intemporelles douces et graves

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